Le docteur Frédéric Tissot est né en Algérie en 1951. Il est rentré en France en 1962 et s'est installé à Lyon. Il a terminé ses études en France et obtenu son diplôme de médecin en 1980. Pendant plusieurs années, il a dirigé un dispensaire rural dans la vallée d'Aït Bouguemez et y a soigné des patients. Devenu médecin français, il a décidé d'aider ces populations, notamment celles des pays reculés ravagés par la guerre et où aucune coopération n'était possible.
Le docteur Frédéric Tissot a mené une vie très active. En 1982, il s'est rendu au Kurdistan oriental et a travaillé comme Peshmerga dans le village de Mezre, dans le district d'Alan, à Sardasht, au Kurdistan oriental, soignant les malades et les blessés de la guerre menée par le gouvernement iranien à l'hôpital du Parti démocratique du Kurdistan d'Iran.
Le docteur Frédéric Tissot, membre de Médecins Sans Frontières, a pris conscience du sort tragique du peuple kurde en 1981, alors qu'il présidait l'Institut kurde de Paris, situé sur la route de Kendal Nezan. Profondément touché par les souffrances des Kurdes, il a quitté le Kurdistan pour retourner en France et s'est engagé pleinement dans le mouvement de libération kurde. En 1984, il s'est lié d'amitié avec Bernard Kouchner dans les montagnes du Kurdistan. Opposé aux affrontements entre les factions kurdes, le docteur Tissot a constamment œuvré à la médiation. La même année, il est retourné au Maroc où il a exercé pendant cinq ans, muni d'une carte de santé, et a prodigué des soins aux malades.
En 1989, il participa à une conférence à Paris sur la question kurde et déclara : « Aucun des pays – la Turquie, l’Irak, l’Iran et la Syrie – n’était satisfait des conclusions de cette conférence. » En 1991, il contribua, avec Bernard Kouchner, à la rédaction de la résolution 688 du Conseil de sécurité des Nations unies visant à instaurer une zone d’exclusion aérienne pour la population de la région du Kurdistan. La même année, il se rendit à plusieurs reprises au Kurdistan du Sud.
Le 12 juillet 2006, il a été victime d'un grave accident à Port-au-Prince, la capitale d'Haïti. Projeté en l'air par un arc électrique à haute tension, il s'est fracturé la colonne vertébrale en retombant. Depuis, il est incapable de marcher et se déplace en fauteuil roulant.
Le 23 septembre 2007, la France a ouvert son consulat à Erbil et le Dr Frédéric Tissot est devenu le premier consul de France dans cette ville. Depuis lors, il représente officiellement son pays au Kurdistan irakien. Diplomate et fervent défenseur de la cause kurde, il s'est toujours efforcé de renforcer les relations franco-kurdes avec le Kurdistan irakien. À ce sujet, il déclare : « Je ne suis pas devenu diplomate en étant nommé consul au Kurdistan irakien, mais je me suis engagé en politique par le biais de mon activité médicale. »
Le docteur Frédéric Tissot est resté au Kurdistan jusqu'en 2012 et a participé à de nombreux événements et cérémonies du gouvernement régional du Kurdistan, jouant un rôle essentiel de médiateur entre le Kurdistan et la France. À de nombreuses reprises, il a déposé des gerbes sur les tombeaux des martyrs et des victimes d'Anfal à Barzan, Halabja, Germiyan, Behdinan, Balisan et dans toutes les autres localités du Kurdistan.
Le 30 septembre 2012, il est rentré dans son pays après avoir achevé son mandat de consul de France à Erbil. À l'occasion de son départ à la retraite, une grande cérémonie a été organisée en son honneur par le gouvernement régional du Kurdistan au Hall du Martyr Sa'ed Abdullah. Plusieurs hauts responsables gouvernementaux y ont assisté et ont exprimé la gratitude et le respect du gouvernement et du peuple kurdes pour ses près de trente années de service à la cause des droits légitimes du peuple kurde. Lors de cette cérémonie, le Dr Frédéric Tissot a remercié le président. Masoud Barzani et Nechirvan Barzani Il s'est dit heureux d'avoir servi la cause légitime du peuple kurde en tant que diplomate. Il a souligné qu'il continuerait à servir les nations dont les droits étaient bafoués et qu'il resterait un ami des Kurdes.
Pour les services qu'il a rendus au peuple kurde, tant au Kurdistan qu'en France et dans le monde entier, il a reçu le titre de président le 15 mai 2013. Masoud Barzani Il a reçu la médaille Barzani.
Source:
1. Archives du Comité de l'Encyclopédie du Parti démocratique du Kurdistan.



