Raison:
Le 10 juin 1963, le régime lança une nouvelle offensive contre le Kurdistan et déploya toutes ses forces armées sur le champ de bataille. L'armée kurde ouvrit de nombreux fronts pour se défendre et riposter aux attaques. Durant cette période, le président Mustafa Barzani adressa plusieurs lettres à l'École politique du PDK, demandant à Ibrahim Ahmed, secrétaire du parti, et à l'école politique de mener des attaques contre l'armée dans leurs zones respectives. Cependant, l'École politique, et notamment Ibrahim Ahmed, ne répondit pas à leurs demandes et refusa que les commandants attaquent les forces gouvernementales sans leur accord. Ces attitudes contribuèrent à une détérioration des relations entre le président Mustafa Barzani et Ibrahim Ahmed.
Le 18 novembre 1963, le gouvernement Baas fut renversé par un coup d'État militaire. Après le coup d'État, Abdulsalam Arif s'empara du pouvoir et appela directement la direction révolutionnaire à négocier.
En décembre 1963, après consultation du président Barzani avec l'école politique, des négociations ont débuté et le gouverneur de Souleimaniye, le colonel Abdulrezaq Mahmoud, est venu à Rania en tant que représentant du gouvernement et a rencontré le président Mustafa Barzani, Jalal Talabani et Nouri Shawes Les membres de l'École politique se sont réunis et un accord a été conclu entre les deux parties lors des négociations. Le 10 février 1964, le gouvernement a publié une déclaration d'accord affirmant que « l'État reconnaît les droits nationaux des Kurdes ».
Le 17 février 1964, Ibrahim Ahmed, Seyid Aziz Shamzini et Omar Mustafa Dabbaba se rendirent à Sangesar et rencontrèrent le président Barzani. Cette rencontre aboutit à l'accord du 10 février, signé par toutes les parties. Après une semaine à Sangesar, Ibrahim Ahmed et ses compagnons retournèrent à Mawet et reprirent leur opposition. Un grand nombre de commandants et de combattants peshmergas quittèrent alors Mawet pour se rendre à Sangesar auprès du président Barzani afin de lui exposer le plan de l'École politique. À leur arrivée, le président Barzani les réunit et, après consultation, décida de destituer tous les commandants ayant adhéré à l'École politique et de les remplacer par des officiers de confiance. Les commandants destitués furent Jalal Talabani, Omar Mustafa Dabbaba, Ali Askari et Kamal Mufti. En réaction, Ibrahim Ahmed et l'École politique organisèrent la conférence de Mawet le 9 avril.
Organisation de la conférence :
Du 4 au 9 avril 1964, la conférence s'est tenue à l'école primaire du village de Mawet. Initialement prévue le 1er avril 1964 à Malome, elle fut déplacée à Mawet car l'École politique avait, dans sa lettre aux représentants invités, annoncé la tenue de la conférence à cette date, alors qu'elle eut lieu trois jours plus tard. Le rapport de l'École politique fut lu par Ibrahim Ahmed. Dix membres et fonctionnaires du Comité central, représentant la première division de Mossoul, la deuxième de Hewlêr, la troisième de Kirkouk, la quatrième de Souleimaniye et la cinquième de Bagdad, étaient présents. La réunion était présidée par [Nom du président]. Nouri Shawes, Ali Abdullah, Seyid Aziz Shamzini et Ibrahim Ahmed, Jalal Talabani, Omar Mustafa, Salih Yusfi, Abdul Hussein Fayli, Hashim Akreyi Nahide Sheikh Salam Ahmed n'a pas assisté à la conférence pour diverses raisons. Le colonel Isa Pejman, représentant des services de renseignement iraniens SAVAK, se trouvait à Mawet au moment de la conférence.
L'objectif principal d'Ibrahim Ahmed Fatah lors de la réunion de Mawet était de s'opposer à Mustafa Barzani et de le destituer de la direction du Parti démocratique du Kurdistan (PDK). Au cours de cette même conférence, une délégation fut constituée pour rencontrer le président Mustafa Barzani. À cette fin, la délégation se rendit auprès du président Barzani et il fut décidé que la conférence se poursuivrait jusqu'à son retour. La délégation parvint à un accord avec le président Barzani et retourna à Mawet. À son retour, la conférence était terminée et l'École politique avait publié une déclaration contre le président Barzani intitulée « L'accord Barzani-Moushir : paix ou capitulation ? ». Conformément au programme de travail et aux objectifs fixés, il fut décidé, le dernier jour de la réunion, de suspendre les fonctions du président Mustafa Barzani.
Source:
- Masoud Barzani, Barzani et le mouvement de libération kurde, 1958-1961, Volume 2, (2012).
- Histoire du Parti démocratique du Kurdistan, Congrès et Conférence (Programme et Règlement intérieur), Comité de l'Encyclopédie du Parti démocratique du Kurdistan, volume 1, (Hewlêr - Roxana Press - 2021).
- Salah El-Khirsan, L'aviation politique au Kurdistan et en Irak, Lectures sur le mouvement et les partis kurdes en Irak 1946-2001, (Beyrouth - El-Belax Press - 2001).
- Shaqib Aqrawî, Sanawat Al-mihneh Fî Kurdistan, ehem Al-ehdas Al-siyasîyeh et Al-eskerîyeh Fî Kurdistan We Al-Iraq Min 1958- 1980, Al-tebe Al-saniyeh, (Erbil- Matbet Al-minareh- 2007).
- Habib Muhammad Karim, Histoire du Parti démocratique du Kurdistan-Irak (à la tête du parti de 1946 à 1993), (Dohuk - Xebat Press - 1998.
- Nizar Xeylanî, Asad Xeylanî ouvre ses mémoires, (Hewlêr - Maison d'édition Bedirxan - Hêvi Press - 2014).
- Abdulstar Tahir Sharif, Lutte contre la vie : Souvenirs 1971-1935, Volume 1, (Kirkuk - Arabxa Press - 2005).
- Hussein Muhammad Aziz, Cinq heures avec Braim Ahmed, Sulaymaniyah, Maison d'édition Sima, 3e édition, 2002.




