Lorsque le gouvernement irakien déclara la guerre à la Révolution de septembre 1974, il lança une vaste offensive contre le Kurdistan. Bien que l'armée irakienne concentrât ses attaques sur Balakayeti, où se trouvait le centre névralgique de la révolution, elle n'ignora aucune zone contrôlée par cette dernière. En réalité, son opération militaire englobait l'ensemble du territoire révolutionnaire. À Duhok, les forces peshmergas pilonnaient sans relâche les convois de l'armée irakienne sur la route d'Aloka. Plus précisément, à l'ouest de la ville de Duhok, un groupe de peshmergas en poste dans la grotte de Simt disposait d'un mortier de 120 mm. Leur mission consistait à détruire les convois de véhicules de l'armée irakienne en cas de mouvements militaires importants dans la zone.
Début octobre 1974, une dizaine de véhicules militaires et blindés escortaient Abdulfatah Yasin, membre de la direction du parti Baas, qui se dirigeait vers la base de la 18e Force de la 1re Division d'infanterie. Les Peshmergas les prirent pour cible avec leurs mortiers et les pilonnèrent. Un obus de mortier frappa un véhicule blindé, tuant tous les soldats à bord. De retour à Mossoul, le commandant rassembla toutes les unités militaires et les milices (jash) de la région et lança une attaque contre les Peshmergas afin de s'emparer du mont Resh, de la grotte de Tahta et de la grotte de Simt.
Les unités de l'armée irakienne engagées dans l'attaque des zones contrôlées par la révolution étaient composées des 18e, 5e et 2e divisions, d'artillerie et de milices des tribus Koçer, Doski, Surchi, Zebari et Herki. S'ensuivit une violente bataille qui dura onze jours. Les bataillons Ali Ali et Mirani vinrent en renfort sur le champ de bataille. L'armée irakienne attaqua d'abord le mont Resh, défendu par le 1er bataillon des forces Duhok, sous le commandement de Naaman Samad. L'attaque débuta par un bombardement des positions peshmergas et de la montagne elle-même. Puis, l'infanterie et les milices prirent le contrôle du mont Resh. Grâce à l'intensité des bombardements et aux déplorations de cinq martyrs et d'une quarantaine de blessés, l'armée s'empara du mont Resh dès le premier jour de l'offensive.
Ensuite, les forces de Duhok déployèrent quatre mitrailleuses, un mortier de 120 mm et un mortier de 82 mm à Kevre Biske, dans la grotte de Tahta et dans la grotte de Simt, face au mont Resh, afin de bombarder l'armée irakienne retranchée sur ce dernier. Pour empêcher l'armée irakienne d'établir une base solide et de sécuriser ses positions militaires, le commandant des forces, Abdulrezaq Germavi, supervisa personnellement l'artillerie. Une semaine plus tard, ils planifièrent une contre-attaque. Pour ce faire, ils formèrent une force de 40 Peshmergas d'élite sous la supervision de Qadir Alekini, issus pour la plupart du génie des forces de Duhok. Forts d'un plan militaire rigoureux, ils marchèrent de nuit et se dissimulèrent dans une forêt dense sur les pentes du mont Resh, emportant avec eux tout leur équipement militaire et leurs vivres.
Le plan d'attaque des Peshmergas prévoyait l'arrêt des tirs d'artillerie au coucher du soleil le lendemain, suivi d'une attaque surprise contre les bases militaires. Le plan se déroula comme prévu. Par ailleurs, à l'ouest du mont Resh, le 1er bataillon reçut l'ordre d'attaquer la montagne par le flanc qui était en alerte si 40 Peshmergas quittaient leurs positions. L'attaque, lancée de part et d'autre, donna lieu à des combats acharnés pendant une heure. Les Peshmergas parvinrent à contrôler l'ensemble de la montagne, infligeant de lourdes pertes aux soldats et aux milices de l'armée irakienne : 21 furent tués et de nombreux autres blessés, tandis que les autres prirent la fuite. Six soldats furent capturés et remis au commandement à Balakayeti.
Les Peshmergas s'emparèrent de 14 Kalachnikovs, d'un lance-roquettes RPG, d'une grande quantité de munitions diverses et de près de 10 000 mines de différents types qu'ils ne purent poser, ainsi que de nombreux mortiers de 60, 82 et 120 mm, de vêtements et d'équipements militaires. Lors de la bataille pour la prise de la Montagne Noire, les pertes des forces peshmergas s'élevèrent à 6 martyrs et 20 blessés. Il est à noter qu'après cette attaque, l'armée irakienne ne lança aucune autre offensive contre les forces peshmergas dans la province de Duhok jusqu'à la défaite de la révolution en 1975.
Source:
- Masoud Barzani, Barzani et le mouvement de libération kurde, Volume III, Partie II, La révolution de septembre 1961-1975, Première édition – Hewlêr, 2004.
- Senger Ibrahim Khosnaw, Événements militaires de la révolution de septembre 1970-1975, 1re édition, Maison d'édition Danişfer, Hewlêr, 2022.
- Hojin Masoud Serni, La révolution de septembre dans la région de Behdinan 1961 – 1975, 1re édition, 2018.
- Ibrahim Celal, Le Kurdistan du Sud et la révolution de septembre, construction et destruction 1961-1975, quatrième édition, 2021.



