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L'Épopée de Qardagh 1968

Fin 1968, le gouvernement irakien, avec l'aide et la coordination des militants de l'ancien bureau politique, lança une importante contre-offensive contre les zones contrôlées par la Révolution de septembre. Il parvint à occuper une vaste zone géographique à Garmian et Qardagh, mais les dirigeants de la révolution lancèrent une offensive d'envergure pour libérer ces zones. En novembre 1969, ils réussirent à prendre le contrôle de Qardagh et de plusieurs autres localités, chassant les forces gouvernementales de ces lieux.


Après les coups d'État des 17 et 30 juillet 1968 et le retour au pouvoir des baasistes, une situation de statu quo s'installa un temps avec les forces gouvernementales au Kurdistan. Des affrontements persistèrent avec les militants de l'ancien Bureau politique, et des combats mineurs sporadiques eurent lieu entre l'armée et les forces révolutionnaires. Mais le 10 novembre 1968, le régime baasiste, en coordination avec les militants de l'ancienne aile du Bureau politique, lança une offensive contre toutes les zones contrôlées par la révolution. Cette offensive progressa rapidement jusqu'en décembre 1969, et le régime s'empara de nombreuses villes.

La région de Qardagh fut l'une des cibles de ces attaques, suite à l'intervention et à la trahison de deux commandants de bataillon, Jafar Barzanji et Kamil Mulla Wais, qui livrèrent leurs zones aux mercenaires. On peut citer en exemple les batailles qui se déroulèrent sur le sommet du mont Helaj et Daban al-Kabir, contrôlé par les forces gouvernementales et les mercenaires. Les Peshmergas du Kurdistan convoitaient ardemment ce lieu. Il est à noter que l'attaque des Peshmergas et la prise du sommet furent menées sous la supervision directe d'Idris Barzani. À cette époque, les forces gouvernementales et l'ancien bureau politique contrôlaient une vaste zone s'étendant de Garmian au mont Helaj et à Daban, dans la région de Qardagh. Compte tenu de l'importance stratégique de cette région, il est clair que les dirigeants de la révolution ont jugé nécessaire de libérer ces zones et de les ramener sous leur contrôle.

Après plusieurs réunions entre les chefs militaires de la région concernant la manière d'attaquer ces positions, et après que le chef de la révolution en ait été informé Mustafa Barzani Face à cette situation, Barzani chargea Idris Barzani de superviser personnellement les combats. Après avoir rassemblé ses forces et élaboré un plan d'attaque détaillé pour les sommets d'Helaj et de Daban, il décida que le sommet devait tomber aux mains des Peshmergas au plus vite. L'assaut fut lancé et le sommet fut conquis en une heure et quarante-cinq minutes, puis rendu aux Peshmergas.

Les dirigeants révolutionnaires décidèrent alors de lancer une offensive de grande envergure sur Qardagh et d'autres régions afin d'en chasser définitivement les forces gouvernementales et les mercenaires. À cette fin, les 4e et 9e régiments reçurent l'ordre d'attaquer depuis Barzinja jusqu'à la plaine de Sharazur, puis de progresser vers Qardagh. Une force venue de la plaine d'Erbil et une autre de Rizgari attaquèrent sur deux fronts, appuyées par le 5e régiment des forces de Qardagh. L'une progressa vers les régions de Qadir Karam et de Sinkawe, et l'autre vers celles de Bazian et de Qardagh. Durant cette période, le lieutenant Tahir Ali Wali Bek commandait le 4e régiment des forces de Qardagh, tandis qu'Aziz Qazi commandait le 9e régiment. 

Pour lancer l'offensive, il fut décidé que du 29 au 30 novembre 1969, toutes les forces attaqueraient simultanément les positions indiquées ci-dessous. Conformément au plan, l'attaque des Peshmergas débuta et progressa rapidement. Une victoire éclatante fut remportée : ils libérèrent les zones de Qardagh, Bazian, Sangaw, Qadir Karam, Doz Khurmatu, Kifri, Kalar, Bawnur et Darbandikhan des forces gouvernementales et des militants de l'ancienne faction politique, et ces territoires revinrent sous leur contrôle. Après cette cuisante défaite, les forces gouvernementales et les mercenaires subirent de lourdes pertes et une importante quantité d'armes et de munitions fut saisie. Effondrés, leurs forces et leurs troupes furent complètement démoralisées et incapables de lutter contre les Peshmergas.

Les dirigeants de la révolution interprétèrent cette victoire des forces peshmergas comme un succès important et décisif. Barzani, leur chef, remercia donc toutes les forces ayant participé au combat. Il s'agissait d'une épreuve lancée par le nouveau régime baasiste, avec le soutien des anciennes forces du Bureau politique, pour tester sa capacité à vaincre la révolution kurde et à réaliser son vieux rêve d'anéantissement total de celle-ci. Mais cette tentative échoua.


Sources :

1- Masoud Barzani, Barzani et Bazutniyeh, Ezgari Khwazi Kord, Barghi Seyyim, Bashiyyah, SHORSHEY EYLOOL 1961-1975, (Chapitre 2004).

2- Ibrahim Jalal, Bashouri Kurdistan et le peuple du Kurdistan 1961-1975, (2021).

3- Karwan Jawhar Muhammad, Idris Barzani 1944-1987, leader politique de Jian et Sarbazy, l'Ezgari Khwazi Kurdada, (Chanafian Hevi - Holler - 2019).

4- Khishoy Ali Kani Linji, persan Aziz Qazi Hamid Sourchi, (Chaîne Danishfar - Hewler - 2023).

5- Hawkar Karim Hama Sharif, SHORSHEY EYLOOL, « Chapitre 2012. »

6- Aari Karim, le nom de Dieu, l'amour de Dieu, (Chapkhany Khabat - Dehchek - 1999).


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