Cette fois, la guerre fut déclenchée par le gouvernement irakien, qui avait mis en œuvre une stratégie militaire bien rodée et des préparatifs décisifs dans différentes parties du Kurdistan. Après avoir exercé une forte pression sur les positions des Peshmergas par des attaques successives et des bombardements intensifs d'artillerie et aériens sur la région d'Akre (Aqrah), et face à cette pression intense et à la pénurie de munitions, les forces peshmergas se replièrent sur le mont Pirs. Suite à l'effondrement de cette ligne de défense, le quartier général des forces d'Akre et de Sheikhan, situé dans la grotte de Sherman et commandé par Haso Mirkhan Dolamri, fut attaqué par les forces gouvernementales. Bien que les attaques gouvernementales aient été repoussées par les Peshmergas, qui leur infligèrent de lourdes pertes, ces derniers s'emparèrent des armes de l'armée et des mercenaires après chaque assaut déjoué. Cependant, le gouvernement poursuivit son offensive avec d'importantes forces militaires, des mercenaires et l'appui d'une artillerie à longue portée et d'avions de combat.
Suite à ces attaques successives des forces gouvernementales, ces dernières parvinrent à prendre le contrôle de plusieurs positions, dont le village de Chouch, défendu par les Peshmergas commandés par Omar Agha Dolamri. Les Peshmergas mirent en œuvre un plan pour reprendre ces positions, car leur quartier général devrait être déplacé faute de quoi elles seraient reconquises. Ce plan d'attaque s'articulait autour de trois axes. Le premier consistait en une attaque à l'ouest de Chouch, menée par Omar Agha Dolamri ; une autre, à l'est, sous le commandement de Haji Mirkhan Dolamri et Mulla Aziz Ziwi ; et la dernière, menée par Hormiz Malik Chaku Masihi, visait à bloquer la route au sud afin d'encercler les forces gouvernementales.
Lors de cette attaque lancée par les Peshmergas, les forces gouvernementales subirent une lourde défaite et abandonnèrent leurs positions, laissant les corps de leurs morts sur le champ de bataille. La capture du commandant des forces gouvernementales, le colonel Saab Hardan, était imminente, mais à ce moment-là, Omar Agha, le commandant des Peshmergas, fut blessé et ses hommes étaient occupés à le neutraliser. Ce dernier profita de l'occasion pour s'échapper.
Après le retrait d'Omar Agha du front pour cause de blessure et de soins, Hormuz Malik Chaku le remplaça. Le 27 juin 1963, l'armée irakienne lança une nouvelle offensive d'envergure contre les positions peshmergas, avec pour objectif de les éliminer de toute la zone. Les combats s'intensifièrent dans l'après-midi, mais les Peshmergas défendirent farouchement leurs positions, repoussant finalement l'attaque et contraignant les forces gouvernementales à la retraite, laissant douze corps sur le champ de bataille. Dans un télégramme de l'armée irakienne, numéro 1045, daté du 28 juin et intercepté par les Peshmergas, ces derniers reconnurent 27 morts et 51 blessés.
Malgré toutes ces attaques et assauts lancés par les forces gouvernementales pour s'emparer du quartier général des forces armées dans la grotte de Sharman, elles échouèrent. Au contraire, elles subirent une lourde défaite et de nombreuses pertes car les Peshmergas, menés par Hormuz Malik Chaku dans la région de Shush, tinrent bon et défendirent leurs positions, empêchant toute progression. Les forces gouvernementales furent donc contraintes de se replier vers Dinarta et le mont Pirs.
Sources :
1- Karwan Jawhar Muhammad, Idris Barzani 1944-1987, Jian, leader politique, et leader sarbazien, l'Ezgari Khwazi Kurdada, (Chapitre 2017 - Holler - 2019).
- Holler-2017).
3- Haji Mirkhan Dhamri, « Ghan Bedaway Dad Peroreda », Barki Yekm, « Shabi Doom », (Chakhani Esraa - Taran - 2021).
4- Masoud Barzani, Barzani et Bazutniyeh Ezgari Khwazi Kord, Barghi Seyyim, Bishhiyyikum, SHORSHEY EYLOOL 1961-1975, Chapi, 2004.
5- Mon nom est Karim, le nom de Dieu est l'amour de ma vie, (Chapkhany Khabat - Dehek - 1999).


