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Bataille de Soufyan, 1947

Suite à l'effondrement de la République du Kurdistan le 17 décembre 1946 et au retrait des forces de Barzani vers le territoire irakien, une nouvelle phase de guerre et d'affrontements avec l'armée iranienne et les tribus progouvernementales débuta…


Après le revers subi par la République et le repli des forces de Barzani en territoire irakien, une nouvelle phase de guerre et d'affrontements avec l'armée iranienne et les tribus fidèles au gouvernement débuta. Plusieurs de ces batailles infligèrent des défaites cuisantes à l'armée iranienne et à ses partisans. La bataille de Soufyan, qui eut lieu lors de ce repli, en est un exemple. Après leur victoire à la bataille du Nil, les forces de Barzani apprirent qu'une partie des troupes iraniennes était stationnée dans le village de Soufyan, situé à 10 kilomètres au sud du district du Nil. Elles décidèrent alors de prendre ce village pour cible. Ainsi, le 17 mars 1947 à 7 heures du matin, elles lancèrent l'attaque contre les forces iraniennes retranchées à Soufyan, village qui était auparavant sous le contrôle des tribus Mamish et Mangur, lesquelles avaient fui la région.

Après douze heures de combats acharnés contre les forces iraniennes, les Barzanis parvinrent à s'emparer des hauteurs de la région, grâce à la puissance de leur artillerie et de leurs armes lourdes. Huit de leurs hommes furent tués et douze autres blessés. Du côté iranien, un officier nommé Reza Qarabaghi ​​et un soldat furent tués, et onze autres faits prisonniers par les Barzanis. Voyant qu'ils avaient subi une défaite à Soufyan, comme à Nalous, l'armée iranienne lança une contre-attaque, mobilisant un bataillon de cavalerie du Lorestan, deux bataillons d'artillerie et des avions de combat. Menée dans des conditions météorologiques difficiles, cette attaque contraignit les Barzanis à battre en retraite.

Il convient toutefois de considérer l'opinion du journaliste iranien Basiani, engagé pour promouvoir l'idée d'une défaite des Barzanis à la bataille de Soufian, comme erronée. En effet, Basiani n'était qu'un journaliste autorisé par les autorités iraniennes à couvrir les événements, ce qui explique qu'il ait souvent présenté les forces iraniennes comme victorieuses et les Barzanis comme vaincus. Un exemple de ce parti pris apparaît lors de la bataille de Soufian, où le lieutenant Qarabaghi ​​et plusieurs soldats furent tués. Basiani transforma cette défaite en une victoire, affirmant que 16 Peshmergas barzanis avaient été tués et 20 autres blessés. Or, cette affirmation est totalement infondée et relève du mensonge. En effet, comme mentionné précédemment, lors du déclenchement de la bataille de Soufian, les mauvaises conditions météorologiques et les fortes pluies empêchèrent l'armée iranienne de progresser, ce qui contribua à la victoire des Barzanis.

En revanche, le journaliste Pessiani évoque l'utilisation de la puissance aérienne lors de cette bataille, ce qui n'était sans doute qu'un outil de propagande pour l'armée de terre iranienne. En effet, les avions de l'armée de l'air iranienne n'étaient pas suffisamment modernes pour voler par mauvais temps et atteindre leurs cibles en zone montagneuse. Par ailleurs, aucune autre source iranienne, pas même l'état-major de l'armée de terre iranienne dans son ouvrage datant de l'ère Pahlavi, intitulé « Tarikh-e Panjah Salh Niroy Zamini Shahanshahi Iran » (Cinquante ans des forces terrestres impériales iraniennes), n'attribue la défaite des troupes du lieutenant Karabaghi ​​aux conditions météorologiques défavorables à l'attaque dans la région, et ne fait aucune mention d'une quelconque assistance aérienne.


Sources :

1- Najafqali Basian, Az Mahabad Khunin Ta Karanahay Ars, (Sharkat Sahami Chap - Téhéran - 1328).

2- Aladdin Sajjadi, Shirchah Kani Kurd, (Chakhana Mah Arif - Bahghad - 1959).

3- Sehabad Muhammad Kazemi, Sarhang 2, Stade Manouchehr Alborz, Tarikh Punjah Saleh Nayrovi Zamini Shahenshahi, Iran, Téhéran, 2535.


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