Après l'échec de la Révolution de septembre, le régime baasiste mobilisa toutes ses forces militaires pour empêcher la reprise du mouvement et anéantir les activités des Peshmergas. Il eut recours à divers moyens, notamment le déploiement de l'armée au Kurdistan, l'armement de mercenaires kurdes et de traîtres, la traque des Peshmergas, et bien d'autres. Afin de contrecarrer les plans du régime baasiste, les dirigeants de la révolution et les forces peshmergas s'engagèrent davantage dans la guérilla durant la Révolution de Goulan. Les Peshmergas s'approchaient de divers quartiers généraux militaires et sécuritaires du régime baasiste sous divers prétextes, lançaient des attaques et menaient leurs opérations pendant un certain temps, avant de se retirer, semant la confusion et harcelant les forces gouvernementales pendant un temps.
Souvent, un groupe de Peshmergas s'infiltrait secrètement au cœur des positions du régime baasiste pour repérer le lieu de l'opération, puis revenait planifier l'attaque et la mettre à exécution. Ce fut le cas en mai 1985, lorsque l'organisation Ranjbaran forma une équipe de cinq Peshmergas sous la supervision d'Ismail Seifo et se rendit dans la région de Majulia, à Sari Sanati, afin de trouver un emplacement propice à l'opération. En effet, durant la révolution Gulan, les forces peshmergas étaient organisées au sein du parti, en sections, localités et organisations. Après une journée et une nuit, l'équipe revint et localisa le quartier général de l'armée irakienne à Sari Sanati, première étape du plan.
Après avoir reçu les informations, l'organisation susmentionnée rencontra les Peshmergas commandés par Muhammad Murad et les informa du plan de l'opération. Ils commencèrent alors à se préparer et se dirigèrent vers leur objectif. Douze heures après avoir traversé la route clandestinement, à l'insu des services militaires et de renseignement affiliés au régime Baas, ils atteignirent Sari Sanati, près du quartier général d'une compagnie de l'armée irakienne. À la tombée de la nuit, les Peshmergas purent mettre leur plan à exécution. La seconde phase de l'opération consistait à affecter des Peshmergas experts en déminage à la neutralisation des mines alentour afin de faciliter leur progression. Plus d'une heure plus tard, l'opération fut menée à bien et ils rejoignirent leurs chefs et leurs camarades Peshmergas.
Le troisième plan de l'opération consistait à répartir les forces peshmergas en plusieurs groupes, chacun devant attaquer un quartier général militaire depuis un point précis. Le premier groupe, composé de sept peshmergas et mené par Muhammad Murad, devait attaquer par l'est. Le deuxième groupe, composé de cinq peshmergas et mené par Ismail Sifo, devait attaquer par le nord. Le troisième groupe, composé de sept peshmergas et mené par Abdul Karim Farhan, devait attaquer par le sud. Leur mission était d'approcher la colline et de lancer l'attaque simultanément. Chaque groupe de peshmergas était équipé d'un lance-roquettes et de cinq obus, en plus de ses armes légères, et ils arrivèrent à leurs positions respectives à 11 h 30.
L'attaque débuta par un tir de RPG des Peshmergas du flanc est sur l'avant-poste, détruisant une partie de son mur. Les Peshmergas lancèrent ensuite une attaque sur les flancs supérieur et inférieur, assaillant l'avant-poste de trois directions. Un violent combat s'ensuivit pendant une demi-heure, impliquant l'utilisation de grenades à main et d'autres armes. Les Peshmergas parvinrent à s'emparer de l'avant-poste et à tuer plusieurs soldats en peu de temps. En revanche, ils déplorèrent dix blessés. Suite à cette opération réussie, ils décidèrent de se replier et de regagner leur base à Haftanin. Un comité local de Zakho fournit du matériel médical et des médicaments pour soigner les blessés.
Au cours de cette opération, les Peshmergas se sont emparés d'un canon de 82 mm et d'un autre de 60 mm, ainsi que de 20 caisses d'obus divers, d'un pistolet et d'une mitrailleuse PK avec 5 caisses de munitions du même type, de 7 fusils Kalachnikov avec une grande quantité de munitions, de quatre roquettes RPG et de 15 autres obus. Un pistolet Tariq, une grande quantité de grenades à main et du matériel militaire ont également été saisis.
Sources :
1- Mahsoud Barzani, Barzani et son épouse, Ezgari Khwazi Kord, Barghi Chawarim, 1975-1990 Shichshi Gohan, Bahish Doviyam, Chapi Ehkahm, (Chapkhana Oksana - 2021).
2- Mohamed Murad, Khabata Chia, Perhattan et Serhatian Shisha Golany Danavar Sa5in (1976-1989) Da, (Chaphana Kurdistan - Zakh - 2007).
3- Ghazi Adel Gerdi, « Le peuple du peuple du royaume de Bahzībāzī Barzanīda, Hajj Bīkhi, Bĕrki Dīwĕm », (Chapitre Dwīm - Turquie - 2021).


