L'offensive du gouvernement contre Bustana remonte au printemps 1968, suite à l'assassinat du chef d'un régiment de mercenaires arabes armés, le cheikh Ansh. Ce dernier fut tué dans une embuscade sur la route Erbil-Kouweir, près du village de Turq, le 13 avril 1968. Ce cheikh et ses hommes pillaient les villages kurdes, se livrant à des actes de vandalisme, de violence et de torture envers les villageois. Une dizaine de citoyens kurdes innocents furent tués sous ses coups. Le cheikh et ses hommes jouèrent également un rôle important dans l'attaque du village de Telkhim, situé au pied du mont Qarachogh, le 6 juin 1963, aux côtés de la Garde nationale et d'autres forces gouvernementales. Quatre peshmergas et deux villageois y trouvèrent la mort.
Il semble que le meurtre du cheikh Ansh, chef des mercenaires, soit dû à sa position intransigeante et hostile et à ses attaques contre les intérêts des citoyens et villageois qu'il a traités de la manière mentionnée, notamment en représailles au martyre de deux frères nommés Anwar et Taher lors de l'attaque du village de Talkhim en 1963.
Concernant la position du gouvernement irakien sur l'incident, dès la mort de la personne susmentionnée, le ministère de la Défense publia un communiqué ferme et annonça une attaque surprise contre les Peshmergas. Le même jour, dans l'après-midi, la 3e brigade de l'armée irakienne attaqua les Peshmergas dans le village de Bustana, situé dans la plaine d'Erbil, donnant lieu à de violents combats qui durèrent trois heures. Cependant, les Peshmergas de la plaine d'Erbil, commandés par Faris Bawa, opposèrent une résistance acharnée. Après de violents affrontements, les Peshmergas parvinrent à encercler les forces irakiennes et à tuer de nombreux officiers et soldats. Suite à des négociations et à un accord, les Peshmergas autorisèrent la retraite des Irakiens, qui repartirent vaincus.
Il convient également de noter que quelques jours avant l'assassinat du cheikh Ansh, le 5 mars 1968 précisément, un chef mercenaire kurde nommé Hawiz Mam Yahya fut victime d'une embuscade près de la ville de Koisanjak et tué par les Peshmergas commandés par le caporal Othman Yousef et le docteur Khalid Saeed. Fervent partisan du gouvernement et farouchement opposé aux Peshmergas, il ne suscita pourtant aucune réaction de la part du gouvernement, qui n'émit aucune position ni ne commenta l'affaire, alors même que le meurtre de ce cheikh tribal arabe avait provoqué un tollé général et de nombreuses attaques.
Sources :
1- Masoud Barzani, Barzani et Bazutni et Ezgari Khwazi Kurd, Barki Seyyim, Besh-e-Yekum, septembre 1961-1975, Chapi. Yekm, 2004.
2- Sayyed Kaka, Peri Peshmerga, Chapi, (Ministère Chakhani de Reshneberi - 1997).
3- Aari Karim, au nom de Dieu, qu'est-ce qui ne va pas chez toi, (Chapkhany Khabat - Dehchek 1999).
4- Khurshid Shireh, Khabat et Khwain, Safari persan Khabatai Peshmergayati, Politique étrangère, (Holler - 2015).


